21 mai 2009
Cavada : Bayrou est "féroce"
Numéro 3 sur la liste de la majorité et chef de file du Nouveau centre en Ile-de-France, Jean-Marie Cavada devrait sans peine conserver son fauteuil de député européen lors du scrutin du 7 juin.
Pour leJDD.fr, il revient sur les enjeux de cette élection. A la défense de Rachida Dati, l'ancien journaliste n'oublie pas de fustiger l'attitude de François Bayrou.
A trois semaines du scrutin européen, la campagne passionne peu. Une situation, qui, finalement, n'est pas forcément pour déplaire à la majorité, en tête dans les sondages. Quel est votre avis?
La réalité est beaucoup moins sournoise... Le fait est que, traditionnellement, la campagne pour les européennes se déroule sur un temps relativement court, de quatre à six semaines, qui correspond à la prise en compte des enjeux par la population. Ensuite, pas plus vous que moi ne pouvons prédire quel sera le taux de participation le 7 juin prochain. Il faut rester très prudent en la matière. J'ai pu me rendre compte, lors des réunions publiques que nous organisons que les salles sont pleines, alors que je m'attendais à ce qu'elles soient à moitié vide.
Pour ces européennes, pourquoi le Nouveau centre (NC) a-t-il décidé de s'associer à l'UMP et n'est pas parti seul à la bataille, surtout face à une gauche divisée?
Historiquement, les idées forces de l'Europe, et je dirais même son code génétique, sont portées par les partis du centre. Or, en France, étant donné que le Modem a, selon la stratégie de son leader (François Bayrou), basculé dans une alliance avec la gauche, les héritiers de l'UDF se sont retrouvés orphelins pour défendre nos valeurs. Il était donc de notre responsabilité d'amener nos alliés, UMP, Gauche moderne et progressistes, à davantage de consentement autour de thèmes qui nous sont chers, la réforme de l'Europe en tête.
Les négociations avec l'UMP ont-elles été difficiles? Les listes définitives de la majorité ont mis du temps à voir le jour...
Je crois que ce sont les partenaires de François Mitterrand qui disaient il y a une trentaine d'années: "L'union est un combat." Je dirais pour ma part que l'union est au minimum un match de volley-ball: il faut mettre le ballon assez haut pour qu'il passe le filet! Au final, nous avons scellé une bonne alliance: 20% des places éligibles sont dévolues au Nouveau centre. Nous n'aurions sans doute pu atteindre ce résultat si nous avions présenté des listes autonomes.
A titre personnel, vous avez réussi à décrocher une place de numéro 3 sur la liste Barnier-Dati en Ile-de-France. J'imagine que c'est une satisfaction, d'autant plus que cette position était convoitée (Luc Ferry était notamment pressenti pour l'occuper)...
"Décrocher" est un bien grand mot. En réalité, j'ai été désigné par la fédération Ile-de-France du Nouveau centre, appuyée par la direction nationale du parti. Et contrairement à ce qui a pu se dire, je ne pense pas que l'UMP ait été opposée à ma candidature. Elle avait en tous cas les moyens de le faire savoir. Or, que je sache, mon cas personnel n'a pas été au centre d'une bataille infinitésimale...
Vous faites donc équipe avec Rachida Dati, dont l'implication pour cette campagne européenne fait l'objet de critiques à gauche. Comment réagissez-vous à ces attaques?
Vous savez, tout le monde a ses défauts, mais je suis frappé de voir à quel point Rachida Dati, de meeting en meeting, s'est plongé dans un certain nombre de dossiers qui n'étaient pas les siens il y a encore six mois. C'est une travailleuse, il n'y a aucun doute là-dessus. En outre, elle est très populaire, non seulement parmi les militants ou les sympathisants UMP, mais chez les gens en général.
Vous parliez de défauts. Quels sont-ils?
Ne me demandez-pas de parler des défauts d'une jeune femme attaquée de toutes parts. Mon premier geste serait au contraire de l'aider...
Comment jugez-vous l'attitude de François Bayrou?
Elle est féroce. Je suis frappé qu'un homme qui se réclame des pères fondateurs de l'Union réduise l'avenir de l'Europe à son seul combat singulier contre le président de la République, par pure et réelle détestation. C'est tout de même attristant car je le pensais plus humaniste que cela...
Faut-il selon vous interdire les listes anti-sionistes de Dieudonné?
Je n'ai pas vraiment de point de vue arrêté sur le sujet. Mon souhait est seulement que ce type de listes n'existe pas, parce que cela met en avant des valeurs extrêmement dangereuses que l'arsenal législatif ne peut pas toujours réprimer. Par conséquent, la meilleure chose que l'on puisse souhaiter, c'est que ces idées meurent d'elles-mêmes.
Vous-même, l'année dernière, aviez créé une polémique au sujet du "vote juif" (lire ci-contre). Où en est cette affaire?
Nulle part, pour la simple raison qu'il n'y a pas "d'affaire". Je n'ai rien à dire sur cette histoire, sauf que tout ceci n'était que bassesse électorale.
source : lejdd.fr
19:10 Publié dans Interview | Commentaires (0) | Tags : jean-marie cavada, nouveau centre, europe, élections européennes, île-de-france |





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